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Tropologiquement vôtre,Fin du Monde

Horizonville
Thilda Bourqui
Curation : Charly Mirambeau
Tunnel Tunnel - Lausanne
18.09 21.10.2026

Arrivée le soir de l’ouverture de son exposition à Tunnel Tunnel, j’étais complètement surexcitée pour des raisons internes. Je courais partout, les pieds qui brulaient, droite, gauche, toute conversation était bonne, haletante, j’en voulais plus, la langue qui pendait, du genre, Jack Russell suicidaire, prête à tout pister, le nez sur le sol qui avait trouvé une trace, un jeu de piste invisible, avais repéré une truffe rare, peut-être, enfin, je m’aventurais entre les jambes des autres, pistais, oui, c’est ça, j’avais senti quelque chose, donc, je filais entre les genoux pour m’aventurer dans la deuxième salle du lieu, une où il faisait nuit, et, alors que jusqu’à maintenant je m’étais laissée guidée par l’odeur, je ne pouvais plus bouger : j’arrêtais la course, c’est bon, fini, j’avais trouvé, puis descendais les petits escaliers de bois craquants pour réveiller toute la salle hypnotisée par son nouveau travail (Plainville, 2026). L’escalier, trois marches, en trois marches j’avais compris, en trois marches j’avais compris où j’étais, en trois marches j’avais tout compris sans rien y voir, l’odeur était forte. 
 
L’objectivité est morte, longue vie à l’objectivité.Fin du Monde


A Horse collection from or for Vanessa Rossetto/a sound recollection
Livia de Goumoëns
Kissed Then Burned - Genève
10.09 - 15.11.2026

Si j’étais anti-objectiviste, alors je dirais qu’il s’agit de la meilleure exposition du monde entier jamais faite, alors je dirais qu’en entrant dans la galerie je fus tellement ivre d’émotions que j’ai arraché tous mes vêtements avant de me jeter tête la première sur le sol en béton pour ensuite, baveuse et le nez qui coule rouge, commencer à hurler des pleurs de joie, alors je dirais que je pourrais en écrire trois cent, des pages, à propos de ce que j’ai vu, alors je ne dirais pas que Livia est une de mes meilleures amies. Puisque je sais qu’elle lira ces lignes avec attention, je vais tout de suite me rattraper point par point, et, pour cette fois, merde à l’objectivité. 


BonnerentréetoutlemondeFin du Monde


I’m no angel (chapitre 2)
Adam Chodzko, Taleb Lachheb et Clara Roumégoux
Curation : Virginie Sistek & Nicolas Ponce
Mae West
05-26.09.26

Bonne rentrée tout le monde. C’est le sujet de conversation premier que j’ai eu ce soir. La rentrée. Nous étions mignonnexs sur le trottoir, le ventre qui n’avait pas tardé à gonfler et les gorges rauques, l’envie irrésistible de changer immédiatement d’interlocuteur.ice car celles d’à côté ont l’air d’y arriver mieux, à converser, regardez elles en rigolent même et ont des dents blanches comme neige sur cimes malheureuses. Cela m’avait manqué, je l’avoue.

I am not a butterfly Fin du Monde

Retour sur Chrysalide : le rêve du papillon
CAC - Genève
01.2023

Ces dernières années, dans l’art contemporain et le monde de la culture, l’existence des personnes Trans* -puisque c’est de ça dont ce texte parle- a pris une place importante ou plutôt a réussi a trouver la sienne, pour le plus grand bien de touxtes. Les artistes Trans* sont représentéexs probablement toujours pas assez mais la tendance est à l’amélioration. Il y a cependant un angle, une thématique, une paire de lunettes avec laquelle nous sommes invitéexs à montrer notre travail -si ce n’est le réaliser- qui pose problème. Toujours et encore la métamorphose. Êtres mystiques que nous sommes, encore peu comprisexs par le reste du monde nous aurions cette capacité fantastique de nous être, à un certain moment de notre existence, transforméexs en quelque chose. Quoi de mieux, donc, que l’image de la chenille devenant chrysalide puis papillon, dernière phase d’un marathon esthetico-performatif où quand le coup de départ retentit nous ne sommes qu’une chenille visqueuse et à la ligne d’arrivée, nous voilà un magnifique papillon, applaudiexs par une foule en délire. (...)