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Tropologiquement vôtre,Fin du Monde
Horizonville
Thilda Bourqui
Curation : Charly Mirambeau
Tunnel Tunnel - Lausanne
18.09
Arrivée le soir de l’ouverture de son exposition à Tunnel Tunnel, j’étais complètement surexcitée pour des raisons internes. Je courais partout, les pieds qui brulaient, droite, gauche, toute conversation était bonne, haletante, j’en voulais plus, la langue qui pendait, du genre, Jack Russell suicidaire, prête à tout pister, le nez sur le sol qui avait trouvé une trace, un jeu de piste invisible, avais repéré une truffe rare, peut-être, enfin, je m’aventurais entre les jambes des autres, pistais, oui, c’est ça, j’avais senti quelque chose, donc, je filais entre les genoux pour m’aventurer dans la deuxième salle du lieu, une où il faisait nuit, et, alors que jusqu’à maintenant je m’étais laissée guidée par l’odeur, je ne pouvais plus bouger : j’arrêtais la course, c’est bon, fini, j’avais trouvé, puis descendais les petits escaliers de bois craquants pour réveiller toute la salle hypnotisée par son nouveau travail (Plainville, 2026). L’escalier, trois marches, en trois marches j’avais compris, en trois marches j’avais compris où j’étais, en trois marches j’avais tout compris sans rien y voir, l’odeur était forte.
ASMR, Miasmes et Mises en Abîme // God save metafictionValentina A. & Nefeli7575
Critique comparée · Lauréat de la Queer Palm à Cannes, le nouveau film de Jane Schoenbrun, Teenage Sex and Death at Camp Miasma (2026)
J’évite les scènes de sexe au cinéma avec un soin très particulier, comme ma mère, sa mère, et toutes les femmes de la famille avant elle depuis au moins l’invention du cinéma voir même de la fiction. Nous sommes mal à l’aise avec les corps la chaire les fluides et l’humidité en général surtout quand elle évoque des humains ou pire encore, des fricoteurs.
Ainsi, d’entrée de jeu, Teenage sex and death at camp miasma s’annonçait difficile à regarder et à aborder, mais fort heureusement on (Vale) est ici avec moi pour me permettre de préserver ma pudeur sans passer à coté d’une thématique centrale du film. J’ai donc tout le loisir de ne pas aborder le-sujet-interdit, et de garder ma salive pour d’autres choses, comme par exemple la manière dont le film aborde les questions de fiction et de de pop culture. Si je n’aime pas le sexe j’aime beaucoup l’adoration, ce qui est essentiellement la même chose (à peu de chose près.)
BonnerentréetoutlemondeFin du Monde
I’m no angel (chapitre 2)
Adam Chodzko, Taleb Lachheb et Clara Roumégoux
Curation : Virginie Sistek & Nicolas Ponce
Mae West - Lausanne
05
Bonne rentrée tout le monde. C’est le sujet de conversation premier que j’ai eu ce soir. La rentrée. Nous étions mignonnexs sur le trottoir, le ventre qui n’avait pas tardé à gonfler et les gorges rauques, l’envie irrésistible de changer immédiatement d’interlocuteur.ice car celles d’à côté ont l’air d’y arriver mieux, à converser, regardez elles en rigolent même et ont des dents blanches comme neige sur cimes malheureuses. Cela m’avait manqué, je l’avoue.
Movies in moviesNefeli7575
De la fonction métafictionnelle du cinéma au cinéma
Invitation to love est une série télévisée réalisée par Mark Frost et diffusée dans le courant de l’année 1989. Elle reprend tous les codes classiques des soap opéra des années 80 : on y suit des retournements de situation mélodramatiques au sein de cercles d’élites. Coupes de cheveux, vestes à épaulette, tout y est, on s’y croit vraiment. Invitation to love n’existe pas.
Who wrote Holden CaufieldNefeli7575
J.D Salinger -> Je t’aime
“(…) j’ai tellement tendance à accepter les valeurs des autres, parce que j’aime être applaudie et que les gens soient fous de moi, tout cela n’est pas normal et juste. J’en ai honte. J’en ai marre. J’en ai marre de n’avoir pas le courage d’être quelqu’un de très ordinaire. J’en ai assez de moi et de tous les gens qui veulent se faire remarquer.”
L’objectivité est morte, longue vie à l’objectivité.Fin du Monde
A Horse collection from or for Vanessa Rossetto/a sound recollection
Livia de Goumoëns
Kissed Then Burned - Genève
10.09
Si j’étais anti-objective, alors je dirais qu’il s’agit de la meilleure exposition du monde entier jamais faite, alors je dirais qu’en entrant dans la galerie je fus tellement ivre d’émotions que j’ai arraché tous mes vêtements avant de me jeter tête la première sur le sol en béton pour ensuite, baveuse et le nez qui coule rouge, commencer à hurler des pleurs de joie, alors je dirais que je pourrais en écrire trois cent, des pages, à propos de ce que j’ai vu, alors je ne dirais pas que Livia est une de mes meilleures amies. Puisque je sais qu’elle lira ces lignes avec attention, je vais tout de suite me rattraper point par point, et, pour cette fois, merde à l’objectivité.
Plomber l’ambiance en société en 347 pagesFin du Monde
Autour de Mephisto
Klaus Mann
1936
Denoël (et autres)
(...)En créant une affaire à laquelle il appartient en tous points, Mann n’a probablement pas tilté qu’il allait démasquer sa position de raciste situé. These gays… On se livrerait à un exercice solitaire si on considérait le livre sans son auteur. Là je glisse un peu, mais ça me rappelle quelques notions des théories queer radicales, en gros, l’affreux tourne-dos des homosexuels de droite, ou comment ne pas devenir des faux hétéros -chose que j’ai encore peine à voir chez certainexs d’entre v/nous- ou encore, et, en bref : ne pas s’assimiler. (Ici, lire Gay Betrayals de Leo Bersani et Trou Noir)(je garde quelques couteaux en poche) Mais revenons à nos moutons, et à la porosité avec laquelle on peut observer Mephisto.(...)
I am not a butterfly Fin du Monde
Retour sur Chrysalide : le rêve du papillon
CAC - Genève
01.2023
Ces dernières années, dans l’art contemporain et le monde de la culture, l’existence des personnes Trans* -puisque c’est de ça dont ce texte parle- a pris une place importante ou plutôt a réussi a trouver la sienne, pour le plus grand bien de touxtes. Les artistes Trans* sont représentéexs probablement toujours pas assez mais la tendance est à l’amélioration. Il y a cependant un angle, une thématique, une paire de lunettes avec laquelle nous sommes invitéexs à montrer notre travail -si ce n’est le réaliser- qui pose problème. Toujours et encore la métamorphose. Êtres mystiques que nous sommes, encore peu comprisexs par le reste du monde nous aurions cette capacité fantastique de nous être, à un certain moment de notre existence, transforméexs en quelque chose. Quoi de mieux, donc, que l’image de la chenille devenant chrysalide puis papillon, dernière phase d’un marathon esthetico-performatif où quand le coup de départ retentit nous ne sommes qu’une chenille visqueuse et à la ligne d’arrivée, nous voilà un magnifique papillon, applaudiexs par une foule en délire. (...)
Nul Nul Nul Locarno 2026 et vive la sfNefeli7575
Un Futuro Brillante, de Lucìa Garibaldi (2025)
Lorsque l’ennui me gagne je compte les secondes et je dirais même plus je compte chaque seconde pendant trente minutes ou plus c’est à dire on peut croire que c’est une expression mais ce n’en est pas. Lorsque l’ennui me gagne je fais un trait sur une feuille par minute qui passe vraiment exactement comme un prisonnier et c’est un sentiment extrêmement désagréable, duquel je me croyais protégée dans deux endroits au moins : Ikea et les cinémas en plein air. D’où ma surprise à Locarno 2026, lorsque sur la Piazza Grande je me suis surprise à subir passivement l’homme de grande taille devant moi sans même essayer de me mettre sur le côté pour apercevoir les sous-titres, je n’avais pas envie de lire les sous-titres du tout, et pendant dix minutes j’ai fixé le drapeau léopard sur le balcon à ma gauche, ne pouvant que remarquer son manque absolu de mouvement car l’air autour de nous était figé, il est plutôt impressionnant de voir un drapeau figé de la sorte, lui aussi endormi par Le Chilien, de Sergio Castro San Martin, probablement.